
Dans un beith din appelé à se prononcer dans une affaire criminelle, si l’un des juges déclare l’accusé innocent, celui-ci est condamné, et s’il le déclare coupable, il est acquitté. Comment cela se peut-il ?
Il est de règle qu’un verdict en matière criminelle doit être rendu à la majorité des voix. Si un jugement de condamnation est prononcé à l’unanimité de celles-ci, la halakha est que l’accusé est acquitté (Sanhédrin 17a ; Rambam, Hilkhoth Sanhédrin 9, 1) et, selon certaines opinions, qu’il est à nouveau jugé.
La raison en est, explique la Guemara, qu’une sentence de mort doit obligatoirement être différée jusqu’au lendemain (halanath ha-din) dans l’espoir qu’il sera découvert d’ici là des arguments en faveur de la défense. Or, un tel ajournement n’a de sens que si au moins l’un des juges peut essayer de faire changer d’avis à ses collègues, ce qui n’est pas le cas en cas de condamnation unanime.
Au-delà de cette raison imposée par la procédure, il y a lieu de considérer que, selon la Tora, il n’est pas de situation qui ne présente un mérite ou un aspect positif. Un verdict unanime prouve que ce mérite ou cet aspect positif n’a pas été débattu dans le procès, et donc que quelque chose y a été faussé. Voilà pourquoi l’accusé est acquitté.
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