Totem et tabou


LES SACRIFICES constituent
sans aucun doute l’une
des interrogations majeures
du judaïsme. Quel
sens en effet peut-il y avoir
à amener le monde animal
– et même végétal – à servir
les visées religieuses (sacrées)
de l’humanité ? Ne serait-ce
pas là l’expression d’une profonde
méconnaissance de sa
raison d’être ? Pour preuve,
n’avons-nous pas assisté ces
derniers siècles à l’édification
d’une société enfin « libérée
» de son rapport au divin
et qui, exempte désormais de
toute « dette » envers la transcendance,
a prouvé qu’il était
possible de vivre un rapport
authentique – parce que véritablement
humain – au monde
au-delà de toute sacralisation
en excès ?

La voix du Sinaï


A l’intérieur de la tente

La Paracha Vayikra (1, 1) s’ouvre
sur ces mots : « Il appela Moché et
D.ieu lui parla de la tente d’assignation
pour lui dire ». Commentant
ce verset, le Midrach (Torat
Cohanim, 1, 4) enseigne : « ‘De
la tente d’assignation’ : cela nous
apprend que le son de la voix s’arrêtait
et ne sortait pas en dehors
de la tente. Est-ce parce que le
son de la voix était faible ? Non,
car le verset précise : ‘La voix’,
(Bamidbar, 7). Or, de quelle voix
s’agit-il ? De celle qui est explicitement
décrite dans les Psaumes :
‘La voix de l’Eternel est forte, la
voix de l’Eternel est majestueuse,
la voix de l’Eternel brise les cèdres’,
(Tehilim, 29, 4-5). S’il en
est ainsi, pourquoi est-il dit : ‘De
la tente d’assignation’ ? Afin de
nous enseigner que la voix s’arrêtait
[et ne dépassait pas la tente
d’assignation-Ndlr]. Ainsi qu’il
est écrit par ailleurs : ‘La voix
des ailes des anges se faisait entendre
jusqu’à la cour extérieure
[du temple] comme l’exclamation
de la voix du D.ieu Tout-puissant
[Kel Chakaï] quand Il parle’, (Ezéchiel,
10, 6). Est-ce parce que le
son de la voix était faible ? Non,
car le verset précise : ‘Comme
l’exclamation de la voix du D.ieu
Tout-puissant quand Il parle’. Or,
par ailleurs, il est dit : ‘Et j’entendais
le bruit de leurs ailes quand
elles s’avançaient pareilles au
murmure d’eaux puissantes, à la
voix du Tout-puissant ; une voix
tumultueuse, comme celle d’un
campement’, (Ezéchiel, 1, 24) ».

La lumière du joug divin


En entamant le troisième Livre
de la Torah dont la vocation
principale consiste à
énoncer les lois des sacrifices et du
service sacerdotal, D.ieu interpelle
Moché en ces termes : « Il appela
[Vayikra] Moché et lui parla ainsi
depuis la Tente d’assignation (…) ».
Le fil conducteur qui relie cet appel
lancé depuis le Sanctuaire
avec l’offrande d’animaux est riche
et profond. A travers plusieurs
discours prononcés par le rav Chmouël
Bornstein de Sokhotchov
zatsal, l’auteur du « Chem miChmouël
» (décédé en 1926) transmis
et transcrits dans son ouvrage au
fil des années, nous pourrons percevoir
quelques étincelles de la
grande lumière qui se cache derrière
ces enseignements.

La pureté de l’âme juive


La pureté de l’âme juive
La coutume veut que dès leur plus jeune âge, les enfants d’Israël fassent
leurs premiers pas dans l’étude par celle des sacrifices ! Ceux-là ne
constituent-ils pas pourtant l’une des dimensions les plus difficiles de la
Torah ?

Les premiers pas…

Dans le Midrach, il est écrit en effet
: « Rabbi Assi a demandé : ‘Pour
quelle raison commence-t-on à enseigner
la Torah aux jeunes enfants
avec la Torat Cohanim [c’est-à-dire
avec les lois concernant les sacrifices
: la paracha Vayikra- Ndlr.],
et ne débute-t-on pas par Béréchit
?’. Il répondit : ‘Parce que de
même que les jeunes enfants sont
purs, les sacrifices sont purs. Que
viennent donc ceux qui sont purs
et qu’ils étudient ce qui est pur ! »,
(Vayikra Raba 7, 3).

Parachath et Haftarath Wayiqra



Parachath Wayiqra ? Pourquoi la lettre alef du mot wayiqra est-elle « miniaturisée » ?

La « miniaturisation » de la lettre alef , dernière lettre du mot wayiqra , lui-même premier mot du livre qui porte ce nom, a été expliquée de diverses manières.

Pour le Midrach ( Chemoth  rabba  47, 6), elle est à rattacher à un épisode de la vie de Moïse que rapporte le dernier chapitre de Chemoth : Lorsqu’il est descendu du mont Sinaï, tenant en main les tables du « témoignage », sa peau s’est mise à rayonner sans qu’il s’en rendît compte ( Chemoth  34, 29).

L’élaboration de limites



Parachath Behar ? L’élaboration de limites

L’un des objectifs de la Tora depuis la révélation du mont Sinaï, et tout particulièrement à partir du livre de Wayiqra , est de fixer des limitations à l’action des hommes.

La parachath Emor avait limité l’intervention humaine sur le temps. Le Chabbath et les jours de fête y sont appelés mo?adei Hachem , « les temps de Hachem  », marquant ainsi que le temps n’appartient pas à l’homme mais à son Créateur.

Paracha & Haftara Emor : Un homme entre deux femmes



Parachath Emor ? Un homme entre deux femmes ?

Dans l’énumération des personnes décédées pour lesquelles un kohen a le droit, sinon le devoir, de se rendre impur, la Tora mentionne «  son parent ( cheèro ) qui est proche de lui » ( Wayiqra  21, 2). Et Rachi de préciser, citant Yevamoth  22b, que le mot cheèro désigne son épouse.

Rabbeinou be?hayé (Espagne 1050 – -1120) éclaire cette concordance des mots «  cheèr  » et « épouse » en faisant appel au verset en question lui-même :

Paracha Quedochim : Parle à toute la communauté

Parachath Qedochim ? Parle « à toute la communauté »

La plupart des commandements de la Tora sont présentés sous la forme de : « Parle aux enfants d’Israël et tu leur diras? » (Exemple : «  Parle aux enfants d’Israël et tu leur diras : Ils se feront une frange sur les coins de leurs vêtements? » ( Bamidbar  15, 38).

La parachath Qedochim commence, en revanche, par les mots : «  Parle ?à toute la communauté? des enfants d’Israël et tu leur diras? » ( Wayiqra  19, 2).

Parachath Metsora? ? Torath ha-metsora?



Voici quelle sera la loi du ?lépreux? ( torath ha-metsora’ ) au jour de sa purification : il sera présenté au kohen  » ( Wayiqra  4, 2).
Rabbi Yehochou?a ben Lévi a enseigné : Le mot torath (« loi de ») est employé à cinq reprises dans la Tora à propos du « lépreux ». C’est pour nous apprendre que celui qui profère du lachone hara’ (« propos médisants ») transgresse chacun des cinq livres de la Tora ( Wayiqra rabba  15, 6). Quel est le rapport entre le lachone hara’ et les cinq livres de la Tora  ? Dans Berèchith 3, 5, le serpent encourage Eve, en employant du lachone hara’ , à manger le fruit de l’arbre de la connaissance. Il lui déclare : «  Tout artisan déteste ceux qui font le même travail que lui. Hachem Dieu a mangé du fruit de l’arbre, puis Il a créé le monde. [Si donc vous en mangez à votre tour, ?vous serez comme Lui?] » ( Rachi ad loc . et Berèchith rabba 19, 4).

A propos de l’impureté post natal



Parachath Tazri?a : A propos de l’impureté post-natale
Par Jacques Kohn

La parachath Tazri?a traite dans ses premiers versets de l’impureté qui s’attache à la femme qui vient d’accoucher. Cette impureté dure trente-trois jours après la naissance d’un garçon, et soixante-six jours après celle d’une fille. Signalons à ce sujet que cette impureté n’a rien à voir avec celle de nidda (« impureté conjugale »).

On retrouve ainsi, au début de cette paracha , les mêmes thèmes de pureté et d’impureté que ceux sur lesquels s’est terminée la paracha précédente, celle de Chemini , consacrée dans sa dernière partie à la pureté et à l’impureté des animaux.