Normalement, les parents savent quoi répondre à leurs enfants, puisqu’ils ont eux-mêmes été enfants. Normalement, le style de vie des parents constitue l’école idéale pour apprendre aux enfants comment agir, comment parler et comment penser.
Par conséquent, nous allons imaginer ce que les parents doivent penser pour se construire eux-mêmes. Ce sera notre premier volet.
Lorsqu’on pose la question de savoir pourquoi les gens religieux ont des épreuves alors que les non-religieux n’en ont pas, il faut d’abord bien comprendre que la question repose sur une erreur. Il est faux de prétendre que seuls les gens religieux rencontrent des problèmes.
Psychologiquement, on n’est pas choqué de difficultés qui s’abattent sur des gens non religieux, parce qu’on croit pouvoir penser qu’ils reçoivent le juste châtiment pour leurs fautes. A partir de là, un problème chez des religieux fait germer une question.
Mais en réalité, comme il est faux que les non-religieux n’ont pas de problèmes, ainsi il est faux de penser que leurs problèmes les punissent pour leurs fautes, et les en lavent. Ensuite, le monde futur leur est accessible. Les choses sont moins simples que cela.
Ensuite, il est tout aussi faux de penser qu’en ce monde, il ne faut rencontrer aucun problème. Ceci n’existe pas. Au contraire, lorsqu’on apprend le verset de Job ( 5/7 ) « Car l’homme est né pour l’effort » , il faut bien réaliser que ce qui est important dans la vie d’un être humain, ce sont les difficultés qu’il surmonte. La facilité dans le quotidien n’est pas enrichissante. Elle ne procure pas de satisfactions profondes en ce monde-ci ; et n’ouvre pas les portes du monde futur.
Lorsque nous traversons les textes du Houmach Beréchith, nous voyons que les patriarches et les matriarches ont vécu des existences de problèmes, souvent dramatiques. Leurs vies n’en étaient pas moins des réussites inoubliables.
Lorsque nous parcourons les chapitres traitant de notre histoire, nous y découvrons une suite presqu’ininterrompue de persécutions et de tragédies. Très peu de facilité.
Houmach Beréchith nous apprend-il que l’époque des patriarches et des matriarches fut un échec ? Notre histoire, notamment dans sa longue phase exilique, brosse-t-elle le tableau d’un échec ?
Après avoir mûrement réfléchi à ces petites remarques, on peut conclure deux choses :
1) Il existe des difficultés dans l’existence qui viennent sanctionner des fautes commises. Mais, des fautes, les gens religieux en commettent ; les gens non religieux également en commettent.
2) La vie doit être conçue comme une occasion qui nous est offerte de passer un certain nombre d’années ou de dizaines d’années, en essayant de servir Hachem de notre mieux. Que ce soit facile ou difficile, toutes les circonstances sont des interrogations, mieux, des défis de Hachem, qui nous accorde la vie en ce monde, comme l’occasion de mériter et d’obtenir la vie future, par nos choix librement consentis.
Nous ne choisissons pas nos épreuves. C’est Hachem Qui les choisit. C’est aussi Lui qui nous donne les capacités de surmonter les problèmes qu’Il nous envoie. Nos Maîtres nous enseignent que notre vie ici-bas est le moyen de nous donner la vie future, sans qu’elle se présente à nous comme un pain de la honte, qu’on offre à un miséreux, qui ne peut rien donner en échange, qui ne peut pas le gagner à la sueur de son front.
Dans ce domaines d’ailleurs, nos Maîtres nous enseignent une infinité de notions qui ne peuvent pas entrer dans le cadre de ces quelques lignes. En se consacrant à l’étude de la Tora, on rencontre ces notions, et on peut dans ce cadre, les approfondir et les mûrir.
Notre deuxième volet concerne la manière de transmettre aux enfants notre réponse d’adultes. D’abord, il faut savoir qu’un enfant peut avoir l’âge de poser une question, sans avoir l’âge d’en comprendre la réponse. Mais en même temps, il serait grave de laisser sans réponse la question de l’enfant. Le risque serait gravissime de fermer l’enfant, en ce sens qu’il cesserait de poser ses questions, faute d’espoir d’obtenir une réponse. Alors, que faire ???
1) Il faut absolument donner à l’enfant une réponse.
2) Il faut absolument que nous adhésions pleinement à notre réponse. Chez nous, il n’y a pas de « père Noël »
3) Notre réponse peut être partielle.
4) Notre réponse peut être complète, même si elle comporte des parties que l’enfant ne comprend pas encore. Une enfant peut retenir une chose, et la comprendre plus tard.
5) Nous pouvons parfaitement expliquer à nos enfants que les réponses à leurs questions, et à bien d’autres questions encore, on les découvre en se consacrant à l’étude de la Tora.
Rav Schlammé

