VAYECHEV : Le destin de Joseph

Une grande partie de la parachath Wayèchev énumère les retournements en dents de scie du destin de Joseph, qui passe successivement de l’état d’enfant gâté, fils préféré de son père, à celui d’une simple marchandise, vendue par ses frères à des caravaniers en route pour l’Egypte, puis à celui d’homme de confiance d’un haut dignitaire de la cour de Pharaon.

Gravir son échelle



Les anges, « qui montaient et descendaient de l’échelle » dans le rêve de
Yaacov, évoquent généralement, dans les différents commentaires, cette
porte qui relie le Ciel à la Terre. Mais dans l’interprétation qu’en donne le
« Ktav Sofer », c’est plus particulièrement « l’échelle » qui est mise en relief.

DANS LE Traité ‘Houlin (page
91/b), le Talmud donne à
ces « montées et descentes
» des anges une interprétation
indéniablement cabalistique : « Ils
montaient et regardaient le ‘visage’
d’En-Haut, et ils descendaient et le
comparaient au visage d’en bas ».
Or le visage d’En-Haut, nous révèle
Rachi, est celui gravé sur le
Trône divin décrit dans la fameuse
vision du prophète Ezéchiel (au
chapitre 1).

VAYE’HI

Il est intéressant de noter, remarque Rav Zalman Sorotzkin, que cette paracha, qui relate la mort de Ya‘aqov, est intitulée Waye‘hi (« il vécut »). De même, celle qui rend compte de la mort de Sara est ‘Hayei Sara (« la vie de Sara »), comme pour marquer le fait que la vie et la mort ne constituent pas des notions opposées.

Qui est le roi ? Par le Rav Schlammé

 

Par Rav Hayim Yaacov  Schlammé
Dans son « Séfer Chiouré Daat », le rav Yossef Yéhouda Leib Bloch zatsal, l’ancien roch yéchiva de Telz, rapporte un passage du Midrach Raba (93/b) qui raconte que les frères de Yossef et de Yéhouda étaient fort impressionnés par le fait d’assister à un duel verbal entre deux rois…
Il est étonnant que Yéhouda soit appelé roi dans ce midrach alors que ses frères l’avaient destitué lorsqu’ils virent la souffrance de leur père et qu’ils regrettèrent de l’avoir écouté. Quant à Yossef, il n’était pas roi non plus, mais simplement « vice-roi d’Égypte ».

VAYICHLA’H : Ni par les armées, ni par la force, seulement par mon souffle



Ni par les armées, ni par la force, seulement par Mon souffle

« Car tu as lutté contre des puissances célestes et humaines
et tu les as vaincues » (Béréchit 32,29)

Comment la Tora peut-elle affirmer que Ya’aqov vainquit l’ange alors
qu’en fin de compte, « la cuisse de Ya’aqov se luxa tandis qu’il
luttait avec lui », lui causant une claudication ? Etait-ce réellement
là une « victoire » ?

Le Maguid de Minsk répond à cette remarque par une idée
remarquable : lorsque deux personnes s’affrontent, le résultat de
leur combat dépend uniquement de la teneur du conflit. S’il s’agit
d’un combat physique, c’est lorsque l’un des adversaires assène
un coup fatal au second qu’on peut le déclarer vainqueur.

VAYICHLA’H : L’éternité de la torah et de ceux qui l’étudient



L’éternité de la Tora et de ceux qui l’étudient

« Il empoigna la cuisse de Ya’aqov » (Béréchit
32,26)

Dans les écrits du Zohar, nous apprenons que la cuisse de Ya’aqov
constitue une allusion aux « mécènes de la Tora ».
Cette exégèse, selon le ‘Hafets ‘Hayim (dans son commentaire
sur la Tora) revoie à l’idée suivante : le motif principal
qui incita l’ange de ‘Essav à mener ce combat contre Ya’aqov
était les bénédictions d’Its’haq. Aux yeux de
l’ange, rien ne justifiait que le second des jumeaux ait plus de droits
sur elles que son aîné. A cela, Ya’aqov rétorqua que
ces bénédictions lui revenaient légitimement dans la mesure
où, un jour, ses descendants recevraient la Tora et l’étudieraient.
Devant cet argument, l’ange ne trouva aucune réplique : «
Il vit qu’il ne pouvait le vaincre. » Mais finalement, l’ange de
‘Essav reprit le dessus en avançant un autre prétexte : à
la fin de l’exil – peu avant « le lever de l’aube »
– viendra un temps où le peuple juif dédaignera l’importance
du soutien financier de l’étude de la Tora. De ce fait, présagea
l’ange, les érudits ne pourront alors plus autant s’y consacrer.
Par cette révélation, il put ainsi frapper Ya’aqov au niveau
de la cuisse – c’est-à-dire au membre qui soutient le corps entier
– à l’instar de ces mécènes de la Tora, qui soutiennent
par leur contribution les hommes s’adonnant à son étude.
C’est donc bien au niveau des « mécènes de la Tora
» que l’Ange put dominer Ya’aqov en « lui empoignant la
cuisse ».

VAYICHLA’H : Je vous ai distingués parmi tous les peuples



Je vous ai distingués parmi tous les peuples

« Sauve-moi, de grâce, de la main de mon frère, de la main
de ‘Essav » (Béréchit 32,12)

Les commentateurs s’interrogent sur la répétition que contient
ce verset : étant donné que Ya’aqov n’avait qu’un
seul frère, pour quelle raison précisa-t-il dans sa prière
« de la main de ‘Essav » après avoir déjà
déclaré « de la main de mon frère » ?