Extrait 1 : Le problème

«Si vous étiez Dieu»

I. LE PROBLEME

On vous a confié une île sur laquelle vivent plusieurs tribus. Par leur nature et par leur culture, ces tribus sont remuantes et belliqueuses. Il en résulte de grandes souffrances engendrées par la guerre, la pauvreté et les préjugés. Les insulaires vivent ainsi depuis des siècles sans aucun signe d’amendement.

Votre mission :

Tenter d’améliorer cette société.

Apprendre à ses membres à vivre en harmonie et à réduire au minimum la souffrance, voire même à l’éliminer complètement.

Créer une société saine.

Les moyens à votre disposition :

Tous ceux qu’une technologie très avancée est à même de vous offrir.

Vous tenez l’ensemble de l’île sous haute surveillance et vous pouvez, à chaque instant et en tout lieu, observer ce qui s’y passe. Il vous est loisible, à tout moment, de faire pleuvoir ou de faire exploser le sous-sol. Vous pouvez, dans des limites raisonnables, influer sur les conditions météorologiques, susciter des inondations, réveiller les volcans, provoquer des tremblements de terre et produire tout phénomène « naturel » en retour. Vous disposez en outre de moyens propres à vous permettre d’implanter des idées par des procédés de suggestion subliminale. Vous agirez ainsi sur des populations entières ou sur certains chefs spécialement choisis. Il vous faut toutefois tenir compte des limites strictes imposées à la suggestion subconsciente : si vous essayez d’implanter des idées allant contre la nature fondamentale de ceux sur lesquels vous agissez, elles seront totalement rejetées, et vos efforts seront voués à l’échec. Vous pouvez cependant inculquer des concepts qui s’harmoniseront plus ou moins avec la perversité bien connue de ces gens

Vos restrictions :

Les habitants de l’île ne doivent en aucun cas avoir conscience de votre présence.

Cette considération dépasse toutes les autres.

Le choc culturel que provoquerait votre révélation aurait pour effet de rompre l’ensemble des éléments culturels locaux. Il s’ensuivrait de profondes souffrances, au regard desquelles le bien que vous pourriez accomplir représenterait peu de chose. Les insulaires seraient réduits à un état de dépendance quasi-végétative dont ils ne se remettraient pas. Et, à supposer qu’ils s’en rétablissent, ils se rebelleraient si violemment qu’ils en viendraient à éliminer les rares valeurs positives jusque-là les leurs. C’est pourquoi cette restriction doit absolument être observée, en quelque circonstance que ce soit. Ceci étant précisé, vous avez toute liberté d’agir avec autant de bienveillance ou aussi cruellement que vous le jugerez opportun. Bref, on vous offre la possibilité de jouer à Dieu.

Que feriez-vous ?

Titre: SI VOUS ETIEZ DIEU

Auteur: Arieh KAPLAN

Editeur: EMOUNAH – NCSY/ORTHODOX UNION

Adaptation française : Jacques KOHN.

Le livre est en vente dans les librairies juives.

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?Houqath

Ceci est le statut de la Tora. (19, 2)

Pourquoi cette paracha – consacrée à la « vache rousse » – fait-elle directement suite à l’histoire de Qora‘h ?
Les lois concernant la vache rousse ont été transmises à Moché le 1er nissan – deux semaines avant Pessa‘h – le jour où fut dressé le Tabernacle, explique le ‘Hizqouni. C’est le lendemain que la première vache rousse a été brûlée dans le désert, afin de pouvoir purifier les enfants d’Israël en vue du sacrifice pascal. Ses lois n’auraient pas pu être observées avant, car une fois égorgée, il incombe d’asperger son sang vers « l’ouverture de la Tente d’assignation » (infra verset 4).

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VAYICHLA’H


Dans son introduction à cette paracha, le Ramban écrit que nos Sages l’ont toujours considérée comme une préfiguration des futures expériences des Juifs dans l’exil. Toutes les fois que Rabbi Yannaï devait aller à Rome, à la cour royale d’Edom, pour plaider la cause de notre peuple, il réétudiait, avant de l’adapter aux circonstances, le récit des rapports de Ya‘aqov avec ‘Essaw.
Cette paracha nous apprend comment le Saint béni soit-Il a sauvé Son fidèle serviteur des griffes d’un ennemi plus puissant que lui, et a envoyé un ange spécialement chargé de veiller sur sa sécurité. Elle nous révèle aussi les vastes efforts que notre Patriarche a déployés pour se défendre, sans se contenter de rester immobile en se fiant à ses mérites et en attendant que Hachem le fasse bénéficier d’un miracle.

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Extrait 2 : Le respect de la parole donnée

« L’IDEE MAITRESSE »

Le judaïsme : son programme, ses buts, ses fins

21. Le respect de la parole donnée

LES VŒUX / LES PROMESSES /

LES ENGAGEMENTS CHARITABLES

Si un homme fait un vœu au Seigneur, ou s’impose, par un serment, quelque interdiction à lui-même, il ne peut violer sa parole : tout ce qu’a proféré sa bouche, il doit l’accomplir. (Nombres 30, 3)

Quand tu auras fait un vœu à l’Eternel, ton Dieu, ne tarde point à l’accomplir. Autrement, l’Eternel, ton Dieu, ne manquerait pas de t’en demander compte, et tu aurais à répondre d’un péché. Si d’ailleurs tu t’abstiens de faire des vœux, tu ne seras pas répréhensible. Tu observeras tout ce qui sort de ta bouche, et tu procéderas selon tout ce que tu auras voué à l’Eternel, ton Dieu, une offrande volontaire à laquelle tu te seras engagé par ta bouche.

(Deutéronome 23, 22-24)

1°– Les promesses faites à Dieu 1

Nous sommes responsables envers Dieu, non seulement de la manière dont nous traitons notre corps, mais aussi de celle dont nous traitons nos paroles. Dieu attend de nous une attention soutenue à ce que nous disons, même si aucun tiers n’est concerné.

Une promesse faite à Dieu est sacrée. Sa rupture constitue donc un acte de profanation. Il n’a pas besoin, Lui, de nos dons, mais nous avons besoin de donner à Dieu, ou plutôt aux causes qu’Il tient pour importantes : les secours aux pauvres, le soutien de la Torah, de la synagogue, de la communauté.

Le problème que posent les vœux et les promesses est qu’il est facile de les prononcer lorsqu’on est d’humeur à le faire, mais bien plus difficile de s’exécuter lorsque sonne l’heure de payer. Un retard est souvent fatal. On doit donc donner, après avoir promis, dès que possible.

On a le droit de prononcer un vœu quand on est en difficulté, même si les circonstances ne permettent pas de s’en acquitter sur-le-champ.

Notre ancêtre Jacob a prononcé un tel vœu au moment où, alors qu’il était sans le sou, il a entrepris son voyage vers l’inconnu : « Si le Seigneur est avec moi, s’Il me protège dans la voie où je marche, s’il me donne du pain à manger et des vêtements pour me couvrir, si je retourne en paix à la maison paternelle […] alors je construirai la maison du Seigneur, et tous les biens que Tu m’accorderas, je veux t’en offrir la dîme » (Genèse 28, 20-22). Les difficultés nous sont envoyées pour nous mettre à l’épreuve et pour nous faire donner le meilleur de nous-mêmes. Dans de telles circonstances, il est bon de s’engager au maximum pourvu que l’on soit fermement résolu à tenir sa promesse le moment venu.

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2°– Un moyen de combattre le péché et de stimuler l’accomplissement

de nos devoirs

Lorsqu’un Juif, jadis, se découvrait une faiblesse morale, s’il lui arrivait, par exemple, de succomber fréquemment à la gloutonnerie, il formulait le vœu de s’abstenir, pendant une période définie, de certains mets précis. Ceux-ci lui devenaient alors tout aussi interdits que si Dieu Lui-même les avait proscrits dans la Torah. C’était une manière de s’obliger à plus de modération. De la même manière, si l’on se découvrait quelque indolence dans l’accomplissement de certaines mitsvoth, on pouvait s’imposer, par un vœu solennel, certaines tâches destinées à la combattre.

Il est rare, aujourd’hui, que l’on emploie de tels procédés. C’est pourquoi, lorsqu’on formule un engagement, comme celui d’accomplir un acte charitable ou d’accomplir quelque mitsvah ou une bonne action, on nous recommande d’ajouter les mots : « beli nédère », qui veulent dire : « Cette promesse n’est pas à considérer comme un vœu. » Nous estimons avoir accompli notre devoir si nous sommes capables d’observer les commandements de la Torah, sans qu’il faille en plus nous engager dans des résolutions émanant de notre seule volonté.

Le don fait par Adam 2

Le destin d’Adam voulait qu’il mourût le jour même où il a mangé le fruit défendu. Dieu lui a cependant octroyé la faveur de pouvoir vivre un de Ses jours, c’est-à-dire un millier d’années. Or, Adam n’a vécu, en réalité, que neuf cent trente ans. Comment cela se fait-il ?

Les rabbins nous enseignent que Dieu a montré à Adam toutes les générations à venir de l’espèce humaine, toutes les âmes destinées à vivre sur terre, ainsi que le nombre d’années accordé à chacune. Il lui en a aussi indiqué une qui était destinée à mourir à l’instant même de sa naissance, et à laquelle n’était promise aucune durée. C’était celle du roi David. Adam se prit de compassion pour cette âme et il demanda à Dieu s’il était possible de lui faire un don en années. « C’est possible » répondit Dieu. « Dans ce cas, déclara Adam, je lui fais don de soixante-dix années de mon existence, afin qu’elle puisse vivre elle aussi. » « Fort bien ! accepta Dieu. Je te demanderai toutefois de signer un acte écrit confirmant ton engagement. » Ce que fit Adam.

Lorsque neuf cent trente années se furent écoulées, Dieu dit à Adam : « L’heure est venue, Adam ! Tu as fini de vivre le temps qui t’était imparti.

Pourtant, rétorqua Adam, ne m’avais-Tu pas annoncé que je vivrais pendant un jour plein, à savoir pendant mille ans ? –

Ne te rappelles-tu pas avoir offert soixante-dix de tes années à cette âme promise à la mort dès le jour de sa naissance ? » –

Certainement pas ! s’exclama Adam. A-t-on jamais entendu dire que l’on puisse donner à un autre une partie de sa propre vie ? –

Si tu ne t’en souviens pas, le papier que voici, portant ta signature, te le rappellera sans doute. » Nous apprenons de là que ce qui peut, aujourd’hui, apparaître comme un don insignifiant, pourra se présenter demain, lorsqu’il faudra nous exécuter, comme un immense sacrifice.<br>

Notes :

1. D’après H 70.

2. D’après Beréchith Rabba Genèse 5, 1.

Titre: « L’IDEE MAITRESSE »

Auteur: Aryeh CARMELL

Editeur: EMOUNAH

Adaptation française : Jacques KOHN.

Le livre est en vente dans les librairies juives.

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