NOTRE EDUCATION EST-ELLE LA BONNE ?

Avant de nous demander si l’éducation que nous donnons à nos enfants et à nos jeunes est la bonne, examinons d’abord les pièges dans lesquels il ne faut pas tomber.

  • Nos enfants nous sont donnés par Hachem, dans le but que nous les conduisions vers la vie juive, la vie au service de Hachem.

Question: Est-ce que nous sommes souvent conscients de ce trait majeur de notre éducation ?

Réponse: Plus souvent nous sommes conscients que nous devons essentiellement vivre au service de Hachem, et plus souvent nous avons des chances d’être conscients du but de notre éducation: le service de Hachem.

  • C’est bien à nous que Hachem a donné nos enfants.

Question: Est-ce que nous sommes souvent conscients que nous sommes parfaitement capables d’éduquer nos enfants comme il se doit ?

Réponse: Plus souvent nous nous disons que Hachem nous rend capables de faire tout ce qu’Il attend de nous, et plus souvent nous avons des chances de réaliser que c’est bien nous que Hachem rend capables d’élever nos enfants comme Il veut.

  • Hachem a créé le monde. C’est Lui qui dirige le monde.

Question: Est-ce que nous considérons les difficultés de la vie et celles de la vie juive comme des accidents, des "défauts de fabrication" dans le monde ? Ou sommes-nous sincèrement persuadés que les difficultés sont des invitations de la part de Hachem pour que nous nous améliorions ? Par exemple, que penser du coût de l’école juive en France ? Que penser des distances à parcourir entre la maison et l’école ? Que penser de l’effort à fournir pour assimiler les deux enseignements du Kodech et du Hol ?

Réponse: Nous devons être convaincus, pas seulement au niveau des grands principes qui dorment au fond des tiroirs, mais au niveau de notre pensée quotidienne, que certaines difficultés nous sont envoyées par Hachem pour nous montrer qu’Il n’est pas d’accord avec telle ou telle option que nous avons prise, avec tel fléchissement que nous nous sommes permis d’introduire dans notre Emouna, ou dans notre étude de la Tora, ou dans notre Tefila, ou dans notre Tsedaka, ou dans tout autre domaine de notre vie juive. Ces problèmes-là se soignent très bien par la Techouva. La Techouva est une méthode douce; c’est une méthode naturelle.

Nous devons être convaincus, en outre, que par les autres difficultés nous sommes invités par Hachem à nous surpasser. Ce sont les difficultés que Hachem nous envoie lorsqu’Il veut que nous nous élevions d’un cran, parce qu’Il veut que nous nous rapprochions de Lui.

  • Hachem est le maître du monde. Mais en plus Il connait exactement nos limites, puisque c’est Lui-Même qui les fixe.

Question: Souvent, nous trouvons que les problèmes dépassent notre capacité à les résoudre. De là, il n’y a qu’un pas (vite franchi) vers le désespoir ou bien vers la démission.

Réponse: 1) Nous avons notre petite idée de ce que nous voulons. Lorsque nous nous étonnons de la grandeur de la difficulté, c’est peut-être que notre petite idée est entrée en collision avec la grande idée de Hachem. Dans ce cas, l’issue ne laisse aucun doute. Ou l’on cède, ( cela s’appelle techouva ), ou hass vechalom on craque.(cela s’appelle désespoir ou démission).

2) Nous avons notre petite idée de ce dont nous sommes capables. Lorsque cette idée est trop restreinte du fait de notre manque de courage ou bien du fait d’une dose exagérée de paresse, nous devons choisir entre une nouvelle formule, plus courageuse, moins paresseuse, ( cela s’appelle techouva ), et le laisser-aller ( vers le désespoir ou la démission ).

 

 

 

 

 

 

 

Nous fermons maintenant la porte qui donne vers les grands pièges, puisque nous avons appris à les éviter. Nous avons choisi que pour nous, il est clair que nos enfants nous sont donnés par Hachem; leur rôle dans la vie est de servir Hachem.

Pour nous, il est clair que Hachem nous donne toutes les aptitudes nécessaires pour conduire nos enfants vers leur but, compte tenu de leurs caractères et de leurs capacités.

Pour nous, enfin, il est clair que nos difficultés ne constituent pas des entraves à notre réussite dans l’éducation de nos enfants; elles constituent ensemble le cadre à l’intérieur duquel Hachem a inscrit exactement ce qu’Il attend de nous et ce qu’Il attend de nos enfants.

Alors, comment procéder de manière concrète et pratique, pour rendre nos enfants capables d’affronter d’abord les difficultés de leur vie scolaire et enfantine, et ensuite leur vie adolescente, et ensuite leur vie adulte, qui est une vie à la fois personnelle, familiale, professionnelle et sociale. Etant entendu que chacune de ces facettes sera à dominante religieuse ?

Dans bien des domaines de l’éducation, il faut éviter de se tromper par excès et par défaut. Rambam dit qu’il faut toujours rechercher le juste milieu. C’est vrai aussi dans la direction vers laquelle on guide son enfant.

Très tôt, dès que possible, il faudra habituer l’enfant à certaines tâches. Au commencement, il est plus fatigant de lui faire faire quelque chose que de le faire soi-même. Il faut même risquer qu’il le fasse mal, au début. Car s’il ne commence pas à le faire mal, il ne saura jamais le faire bien.

Ensuite, toute chose qu’il commence à faire lui sera difficile; puis, à la longue, tout lui deviendra facile.D’autre part, un enfant encore petit est fier de faire la même chose que l’adulte. Par la suite, cela ne l’intéressera plus. Enfin, il est important que l’enfant ne trouve pas normal qu’on fasse tout pour lui, sans que lui ne fasse quelque chose pour les autres.

Quant à la manière d’initier l’enfant à une tâche, le mieux est toujours de l’inviter à agir avec vous. Qu’il vous aide, au début. Par la suite, vous l’iadrez un peu. A la fin, il voudra lui-même tout faire seul.

Nous disons donc que toutes ces raisons plaident pour qu’on commence tôt à faire assumer des tâches à l’enfant. Mais pas trop tôt. Et pas des choses qui nécessitent un effort physique trop violent pour son âge et pour sa force physique.

A part cela, il est important de manière plus générale d’accepter que ce que l’enfant fait ne soit pas parfait. Il ne faut pas se précipiter sur les imperfections pour le critiquer. Il faut savoir mettre en valeur ce qu’il a fait de bien; même si c’est très peu. Pourvu qu’il ait fait de son mieux; ou bien qu’il ait accompli un véritable effort.

 

 

 

 

 

 

 

On constate partout que là où les jeunes ont participé à des activités dans le cadre de mouvements de jeunesse, ils en ont retiré un savoir-faire, grâce auques on peut leur confier toutes sortes de missions.

Dans leur jeunesse, ils ont été contraints de se tirer d’affaire dans des situations difficiles, facticement créées par leurs éducateurs pour les initier à toujours pouvoir trouver en eux-mêmes la solution à leurs problèmes, dans toute la mesure du possible.

Par la suite, ils en ont retiré un goût pour l’effort poussé à l’extrême.

Au contraire, l’enfant dont la maman portait le cartable en allant à l’école, trouve difficile, toute sa vie durant, de porter quelque fardeau que ce soit.

Hanoh lanaar al pi darko, gam ki yazkin lo yassour miména.

Eduque l’enfant selon son caractère, même lorsqu’il sera vieux, il ne s’en écartera point.

Il faut inspirer à l’enfant une motivation qui le guidera à tous les âges qu’il traversera. On ne change pas d’idéal comme de chemise ! C’est pourquoi, l’enfant a besoin de voir que ses parents et ses éducateurs sont eux-mêmes animés des principes qu’ils lui inculquent.

L’enfant verra ses parents et ses maîtres dire la vérité, pas de mensonges. Pas de méchanceté, ni de malhonnêteté dans leur comportement.

Ils seront réguliers et généreux dans leurs gestes de Tsedaka, suivant leurs moyens financiers.

Pas de paresse dans leur fréquentation du Beth Hamidrach et pour les Tefiloth, ni dans l’accomplissement des autres Mitsvoth de la vie juive, personnelle, familiale ou communautaire.

Les parents et éducateurs doivent fermement exiger des enfants qu’ils les respectent, et qu’ils respectent ce qu’ils leur disent. On ne tolérera pas que l’enfant contredise ses parents ou ses maîtres. On ne tolèrera pas que les enfants s’expriment de manière vulgaire ou malpropre.

Pour que la parole des parents soit respectable, il faut qu’il n’y ait jamais de contradiction entre ce qu’ordonne le père et ce qu’ordonne la mère. Au cas où il y auraiit un désaccord entre le père et la mère, même dans un contexte qui ne concerne pas l’obéissance de l’enfant, jamais le désaccord ne sera exprimé en présence des enfants. Sinon, l’enfant apprendrait qu’on peut contredire l’opinion exprimée par un des parents.

Globalement, disons qu’il est très important de ne jamais oublier que toute valeur éducative inculquée à l’enfant, constitue d’abord une valeur absolue en soi; puis contribue au développement et à la maturation de l’enfant.

Par exemple, en évoquant un comportement de dévouement qu’on explique à l’enfant, on l’enrichit de cette valeur, car on suscite en lui un désir de dévouement.

Ceci est une valeur absolue. Mais ensuite, cette valeur sera utilisée par l’enfant dans sa manière d’appréhender les situations et les gens, que ce soit dans les textes qu’il étudiera ou dans les circonstances de sa vie.

En plus, ce sera avec son goût pour le dévouement qu’il ira à la conquête d’autres qualités nobles. Car, en vertu du principe qu’une mitsva en entraîne une autre.

Ces considérations prennent une importance décuplée à notre époque, où, du fait des progrès technologiques, la plupart des efforts physiques importants sont éliminés de nos existences, car leur rôle est confiée à des machines. Force nous est de susciter des moyens de remplacement pour le développement de toutes les qualités nécessaires de nos enfants, pour qu’ils ne deviennent ni des incapables, ni des parasites dans leur société.

 

Par Rav Hayim Yacov Schlammé