C’est l’une de ces traditions
par laquelle la République
française honore tous ses
« morts aux combats » : le ravivage quotidien de la flamme sur la
tombe du Soldat inconnu, place de
l’Étoile à Paris. Or ce jeudi 20 novembre, un aumônier général israélite, le grand rabbin Haïm Korsia a pour la première fois officié
sous l’Arc de Triomphe, décoré de
deux immenses drapeaux français
et européens. Garde d’honneur,
fanfare de la Garde républicaine et
brochette d’officiers en grand uniforme : pour l’occasion, on n’avait
donc pas lésiné sur le décorum républicain !
C’est bien le moins, puisque les
Juifs, comme tous les citoyens
français, ont servi depuis si longtemps dans les rangs de l’armée
française. Du capitaine Dreyfus
aux morts de la guerre de 14-18
– dont les tombes surmontées de
l’étoile de David parsèment les
cimetières militaires – , ils ont
d’ailleurs payé un lourd prix…
Souvenir d’une époque où le service militaire était obligatoire, la
présence de l’aumônerie militaire
israélite est donc solidement enracinée dans les diverses institutions
de l’armée française. Car dans chaque classe de conscrits, ils étaient
ainsi nombreux à avoir besoin
d’aménagements pour pouvoir
prier, manger casher et respecter
Chabbat et fêtes.
Et aujourd’hui ? Si la loi interdit
formellement de recenser le nombre de Juifs que l’armée compte
dans ses rangs, une trentaine
d’aumôniers israélites sont toujours en activité. Tous ont rang
d’officiers : certains comme militaires de carrière et d’autres au
titre de la « réserve active ». Leur
mission première reste la même :
permettre à leurs coreligionnaires qui le désirent de pratiquer les
mitsvot. Et sur le terrain, cela se
limite souvent à intercéder pour
obtenir des congés à l’occasion
d’une fête du calendrier hébraïque
ou d’une bar-mitsva.
Ce rôle resterait donc assez « symbolique » si l’aumônerie aux armées n’avait pas su le faire évoluer.
Sa fonction de conseil auprès du
commandement s’est ainsi grandement accrue, pour devenir le
garant du « transcendantal » dans
une société qui en manque singulièrement…
Mais l’armée accueille également
désormais de plus en plus de personnels civils, tandis que les hôpitv
taux militaires s’ouvrent eux aussi
aux patients civils. Autant de cas
auxquels il faut garantir un niveau
convenable de cacherout alimenttaire lorsqu’ils en font la demande.
Sans oublier les Polytechniciens
qui ont un statut de militaires durant leurs études et qui relèvent
donc eux aussi de l’aumônerie israélite.
Reste que les nombreux problèmes
nés de l’incompatibilité entre la
Hala’ha et les exigences d’une armée non juive doivent être résolus
au cas par cas. La solution vient
alors souvent des étroites relations
tissées entre les aumôniers israélites et leurs hiérarchies respectives.
De quoi envier le sort des soldats
de Tsahal dont le respect des mitsvvot
– même s’il pose parfois ici et
là des problèmes – est en tout cas
garanti par la loi du pays.
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S. G.