Frans Timmermans, premier vice-président de la commission européenne, était l’invité d’honneur du diner donné mardi soir par le Conseil des rabbins européens à l’occasion de son 60e congrès qui a réuni près de 300 rabbins et responsables communautaires juifs à Amsterdam.

Dans le discours qu’il a prononcé, Frans Timmermans a notamment déclaré : « Un Juif sur cinq fait l’objet aujourd’hui d’une agression physique ou verbale et cela doit nous inciter à agir et à ne pas nous contenter de déclarations’. Il a ajouté : « Il est temps de prendre les choses en main. L’Europe doit mieux se conduire avec les Juifs ».

Il a ensuite estimé que ‘l’Europe, ses institutions, et ses citoyens devaient lutter contre l’antisémitisme pour pouvoir envisager son avenir’.

Affirmant ensuite que ‘l’Europe sans les Juifs ne serait pas l’Europe’, il a demandé à son auditoire de lui communiquer toute information provenant des communautés juives concernant des provocations verbales systématiques dans les pays membres de l’UE.

Il a rappelé que ‘d’après le traité de Lisbonne, depuis décembre 2014, il était possible d’entamer une procédure judiciaire contre tout Etat de l’UE qui ne se soumettrait pas aux décisions prises contre l’antisémitisme et le racisme’.

Timmermans a ensuite indiqué qu’il était au courant de projets de loi contre les pratiques religieuses, visant notamment l’abattage rituel (Cheh’ita) et la circoncision (Brit Mila), et a précisé : « Nous ne tolérerons pas une telle législation qui limiterait la liberté de culte des citoyens européens ».

Il s’est ensuite exprimé en faveur du maintien de l’observance de la tradition juive en Europe en insistant sur le fait que ‘les rabbins et les dirigeants religieux occupaient une place importante dans la structuration de base de l’Europe’.

Il a conclu avec humour : « On dit que je suis juif, je le suis en effet dans le sens large du terme mais en fait je suis catholique ». Puis il a déclaré : « Il n’y a pas d’Europe sans la communauté juive ».