Nous aider

 

L’association BNEI TORAH, association loi 1901, est née de la volonté du Rav Dov Lumbroso-Roth de diffuser la Torah au plus grand nombre sans en altérer le message ni la qualité de sa transmission.

L’association concentre aujourd’hui ses efforts sur le développement de centres d’études physiques ou virtuels.
Voir notre présentation ou téléchargez d’abord la visionneuse (si vous n’avez pas Powerpoint).
Beit Hamidrach de Paris
Situé au 64-70 rue de Crimée (Paris 19ème), le Beit Hamidrach accueille dès le matin un groupe d’étude (Talmud et Hala’ha).
Différents cours sont organisés tous les soirs, incluant un temps de ‘Havrouta pour la préparation ou la révision. Deux cycles hebdomadaires (lundi et mercredi ou jeudi) d’étude du Talmud se déroulent en soirée.
Une conférence tout public (hommes et femmes) a lieu tous les mercredi soirs sur un sujet de pensée juive.
Des offices sont organisés le Chabbat et le dimanche, suivis de ‘Havroutot.
Des Rabbanims de qualité inter

viennent lors de conférences exceptionnelles : nous avons ainsi déjà accueilli le Rav Heymann pour ‘Hanouca, le Rav Wolff pour Pessa’h, et le Rav Abitbol pour Shavouot.
Beit Hamidrach en ligne
Le site Chiourim.com met en ligne gratuitement des cours de Talmud (Ketouvot et Baba Batra), de Parasha et de Hala’ha du Beit Hamidrash Bnei Torah au format audio mp3.
Chaque semaine, le site propose des articles sur des sujets d’actualité, sur la Parasha de la semaine, ou encore des extraits de livres à succès (Talelei Oroth, Si vous étiez Dieu, etc.).
Enfin, une newsletter avec un Dvar Torah et les nouveautés du site est envoyée chaque semaine à plus de 2000 abonnés.
Responsa en ligne
Le site Techouvot.com (anciennement Forum des Rabbanims) permet à tout un chacun de poser ses questions et d’obtenir des réponses de la plume d’intervenants de qualité.
Comme vous devez le savoir tous ces projets nécessitent un investissement total de notre part : du temps, de l’énergie et des fonds.

 

Si vous désirez aider l’association BNEI TORAH dans son développement et soutenir ainsi la diffusion de la Torah et des valeurs du judaïsme, vous disposez de quatre moyens différents et complémentaires :
Le don en ligne avec Paypal
Grâce au système Paypal, vous pouvez faire un don du montant que vous voulez avec des moyens de paiement divers, simples et sécurisés. Si vous n’avez pas encore de compte Paypal, vous devrez en ouvrir un (l’inscription prend 2 minutes). Un reçu CERFA vous sera envoyé à votre adresse pour tout don supérieur ou égal à 10 € (pour cela, n’oubliez pas de renseigner votre "adresse de livraison" dans le formulaire de don).

Le don en ligne avec Allopass

Grâce au système AlloPass, vous pouvez faire un don en passant un simple coup de fil. Vous aurez alors la possibilité d’inscrire votre nom sur notre liste de donateurs.
Plus d’informations…

Le don

Envoyer vos dons à :

Association Bnei Torah
64-70 rue de Crimée
75019 Paris
Ou effectuer un virement grâce à notre RIB.
Dans tous les cas un reçu CERFA vous sera délivré.

La dédicace

Vous pouvez dédier le mérite de l’étude de la Torah à travers ce site pour votre réussite, la guérison d’un proche ou en souvenir d’un proche disparu.
Une dédicace sera mise sur la page d’accueil du site ou dans notre Dvar Tora hebdomadaire diffusé à plus de 2000 personnes. Nous contacter.

L’ACHAT DE CD

Nous vous proposons un service de gravure des cours sur CD Audio ou MP3. Tous les cours disponibles sur le site (Guemara, Hala’ha, Parasha, ‘Haguim) peuvent vous être envoyés par voie postale. Nous contacter.

Que le mérite d’aider à soutenir l’étude de la torah soit un mérite pour vous et une source de bénédiction.

    
  Rib de l’association Bnei Torah     

Visiter le Mont Sinai

Shalom Rav,
Je voulais savoir si de nos jours il est permis de visiter le Har Sinaï.
Je crois que tout endroit ou la shehina est aparut devient kadosh a l’instant et on n’as pas le droit de rentrer meme toucher.
Voila c’est ma question.

Le voile islamique


A propos du voile ?

(Par le Rav Klapisch)
La montée de l?antisémitisme que nous constatons actuellement, n?est pas l?éffet du Hasard. Il a été déclenché par les évènements du Moyen Orient, mais la Torah nous enseigne que derrière chaque évènement de l?Histoire du Peuple Juif, il y a la Main invisible d?Hachem,qui dirige son peuple : L?Eternel est mon Berger, disait le Roi David, c?est un message qui restera à travers toute l?Histoire.

Moïse n?a pas dit émeth

On a demandé un jour au Admour ha-zaqèn, alors âgé de cinq ans : « Quel est le verset de la Tora qui commence et finit par les mêmes trois mots ? » L?enfant répondit : « Là où Moïse n?a pas dit émeth ». Quel est ce verset ?

Jerusaelm, oeil de l’univers

Chapitre Ier

Point de rassemblement d’un peuple

Transportez-vous par la pensée à Jérusalem il y a deux mille ans. La Pâque approche, et des Juifs venus du monde entier affluent pour célébrer cette sainte festivité. Ils accourent de partout, d’abord par centaines, puis par milliers, et à la fin par centaines de milliers. Lorsque arrive la fête, une bonne partie de tout le peuple juif se presse dans cette seule ville. A perte de vue, les versants des montagnes sont couverts de tentes, à côté desquelles les gens vont rôtir leur agneau pascal, geste essentiel du rituel applicable à cette fête à l’époque du Temple.

Selon les prescriptions de la Torah, l’agneau pascal ne peut être préparé qu’en un seul endroit : " Tu immoleras le sacrifice pascal à l’Eternel ton Dieu à dans le lieu que Dieu aura choisi pour y fixer Son Nom " (Deutéronome 16, 2). Il n’y a donc qu’un seul endroit au monde où ce sacrifice pourra être offert. Et ce qui était vrai pour cette offrande l’était aussi de beaucoup d’autres rites importants de la vie juive. Selon la règle fixée par la Torah, ceux-ci ne pouvaient être observés que dans " le lieu choisi par Dieu ", qui n’était autre que Jérusalem.1

Pendant près de mille ans, depuis sa consécration par le roi David jusqu’à sa destruction par les Romains, Jérusalem a été le point focal du peuple juif.2 Elle était le seul endroit où pouvaient être accomplis certains gestes ; en quelque lieu qu’il habitât, le Juif était tenu de se rendre dans cette ville sainte pour s’en acquitter. C’est parce que tant d’actes rituels ne pouvaient être exécutés que dans ses murs que nos Sages l’ont désignée comme lieu plus saint que le reste de la Terre d’Israël. "3

Parmi les plus imposants de ces rites figuraient les trois pèlerinages annuels. Trois fêtes marquent notre calendrier : Pessa’h, Chavou’oth et Souccoth, pendant lesquelles chaque Juif était tenu, à l’époque du Temple, d’ordre exprès de la Torah, de se rendre en pèlerinage au " lieu choisi par Dieu " : " Trois fois l’an, tous tes mâles paraîtront en présence de l’Eternel, ton Dieu, dans l’endroit qu’Il aura élu : à la fête des Azymes (Pessa’h), à celle de Chavou’oth et à celle de Souccoth " (Deutéronome 16, 16).

Pour ces pèlerinages, les Juifs accouraient à Jérusalem de tous les coins du monde. Ils renouaient des liens d’amitié et échangeaient des nouvelles, fortifiant ainsi l’unité du peuple.4 Plus important encore, leur rassemblement se situait dans un contexte de sainteté et de service de Dieu, de sorte qu’il renforçait les participants à la fois religieusement et moralement. C’est ainsi que, pendant ces festivités, aucun des pèlerins ne pouvait être soupçonné d’avoir nui à un autre d’aucune manière.5 Jérusalem unissait ainsi le peuple juif dans un contexte tel que son unité était comme à l’image de celle de Dieu.

Ceci nous permet de comprendre la raison pour laquelle " le site choisi par Dieu " devait nécessairement être une ville. Qu’est-ce qu’une ville ? Lieu de rassemblement d’une population, elle constitue le point de départ de la croissance et du développement d’une civilisation. Le regroupement d’une société humaine au sein d’une cité favorise les échanges et les enrichissements d’idées. Ce n’est donc pas une coïncidence si la civilisation en général s’est développée à partir des villes, dispensatrices des nourritures de l’esprit et de l’âme, les campagnes étant celles des nourritures du corps. Ainsi que le souligne Rabbi Samson Raphaël Hirsch, le mot hébreu pour " ville " – ‘Ir – vient de la même racine que `Our qui veut dire " éveiller ".6 C’est la ville qui éveille l’être humain, pour lui faire exprimer le meilleur de sa créativité. Nous découvrons ainsi dans la Torah que la construction des centres urbains a été à l’origine des plus importantes évolutions de la civilisation.

{mospagebreak}

Le but ultime du Judaïsme est le développement d’une relation avec Dieu. Pour cela aussi, il fallait une ville. Jérusalem est devenue le lieu où les Juifs du monde entier se rassemblaient, échangeaient des idées et cultivaient ainsi un système de pensée permettant cet épanouissement. Le Temple, ainsi que les nombreux maîtres en Torah qui vivaient à Jérusalem – nous évoquerons dans un des chapitres suivants l’action et l’influence de ces Sages – ont joué à cette fin un rôle prépondérant. D’une manière générale, Jérusalem a été la ville qui a éveillé et motivé le Juif en vue de sa mission. Il n’est donc pas étonnant qu’elle forme, selon l’enseignement de nos Sages, l’achèvement le plus élevé du concept Ville.8

C’est avec la " deuxième dîme " (Ma’asser Chéni) que cette idée trouve sa meilleure illustration. L’ensemble des récoltes obtenues en Terre sainte était l’objet de prélèvements que l’on versait, comme une sorte d’impôt, pour l’entretien des prêtres (Cohanim) et des Lévites, qui jouaient le rôle de chefs religieux et d’enseignants. Les Lévites recevaient un dixième de l’ensemble de la production agricole, tandis qu’une part de moindre importance, appelée Teroumah, était dévolue aux Cohanim.

A ces deux prélèvements s’ajoutait la " deuxième dîme ".9 Celle-là n’était pas distribuée, mais c’est le contribuable lui-même qui devait, soit la consommer à Jérusalem, soit la racheter pour en consommer la contre-valeur dans cette ville. La Torah elle-même en donne la raison : " Et tu la consommeras en présence de l’Eternel, ton Dieu, dans la localité qu’Il aura choisie comme résidence de Son Nom ; savoir, la dîme de ton blé, de ton vin et de ton huile, les premiers-nés de ton gros et de ton menu bétail, afin que tu t’accoutumes à honorer continuellement l’Eternel, ton Dieu " (Deutéronome 14, 23).

Au lieu de remettre cette redevance au prêtre ou au Lévite, le Juif, en la consommant dans la Ville sainte, devenait lui-même un " prêtre ou un Lévite ".10 Il lui fallait interrompre ses activités habituelles, se purifier de la manière prescrite, et rester à Jérusalem jusqu’à consommation intégrale de la dîme. S’il ne pouvait pas se déplacer lui-même, il y envoyait ses enfants. De la sorte, lui-même ou ses enfants s’imprégnaient de l’ambiance de la ville, de l’atmosphère de piété et d’effervescence intellectuelle qui l’emplissait, et ils se développaient ainsi dans les voies de la Torah. C’est ainsi que devenait réalité l’idéal du peuple juif défini comme " royaume de prêtres et nation sainte " (Exode 19, 6). Le système de la " deuxième dîme " tendait à faire de chacun, pendant au moins une partie de l’année, un habitant de Jérusalem et il contribuait à la création d’un mouvement de régénération spirituelle embrassant l’ensemble de la collectivité d’Israël.11

Il existait beaucoup d’autres rites qui ne pouvaient être observés que dans " le lieu choisi par Dieu ". Ainsi, la dîme de tout bétail devait être consommée dans la Ville sainte.12 Les prémices des fruits étaient présentées, au cours d’une cérémonie empreinte de solennité, dans " le lieu que Dieu choisira ".13 Ces pratiques amenaient chaque Juif à de nombreux déplacements à Jérusalem, où il s’imprégnait du renouveau spirituel et de l’influence unificatrice créés par cette ville.

La plupart de ces rites ne s’adressaient qu’aux Juifs établis en Terre Sainte. D’autres, en revanche, concernaient ceux du monde entier. Il en allait ainsi des sacrifices, dont une partie est prescrite au début du Lévitique. Certains pouvaient être offerts comme offrandes volontaires, mais le plus souvent, ils étaient apportés sur l’autel pour l’obtention du pardon d’une faute.

Selon le Ramban (Na’hmanide), la signification essentielle du sacrifice est que, en assistant à l’abattage d’un animal que l’on a offert, on participe à une exécution par substitution : celui qui a fait don d’une bête que le Cohen va égorger et brûler sur l’autel participe à ces gestes comme s’il était lui-même tué et consumé pour avoir contrevenu à la Loi divine.14

De surcroît, Dieu a donné à l’homme le pouvoir de l’intelligence qui lui permet de se perfectionner. Lorsqu’il pèche, c’est comme s’il avait rejeté ce pouvoir. Et comme l’intelligence est ce qui distingue essentiellement l’homme de l’animal, commettre un péché revient à s’identifier à la bête. D’où la nécessité d’offrir celle-ci en sacrifice.

{mospagebreak title=Notes}

Notes :

1. Séfer ha’Hinoukh 487. Voir chapitre 6, note 1.

2. D’après la Tradition, David a conquis Jérusalem en l’an 2892 (-868) et elle fut détruite par les Romains en 2892 (69), soit 976 ans plus tard. Voir chapitre 7, notes 22 et 53. Selon Josèphe, c’est pendant 1179 ans que Jérusalem a détenu ce statut (Voir Guerres 6,10 et Antiquités20,10).

3. Kélim 1,8. Cf. Baba Kama 62b, Yad, Beth haBe’hirah 7,14. Voir aussi Ketouboth 13,11 (110b), Isaïe 52,1 et 66,20.

4. Yerouchalmi, ‘Haguigah 3,6, Baba Kama 7,7 d’après le Psaume 122,3. Cf. ‘Haguigah 26a, Isaïe 33,20.

5. Ibid. Cf. Metzoudoth David (Radbaz) 266.

6. S.R. Hirsch sur Genèse 4,17. A noter que Caïn était, à l’origine, un agriculteur et qu’il a construit la première ville pour expier le meurtre de son frère. Cf. Malbim Ibid.

7. Voir Genèse 4,20 à 22.

8. Ketouboth 11b, d’après II Rois 19,34, Tan’houma, Ki Tavo 4, d’après Lamentations 2,15. Cf. Likouté Moharan 280.

9. Cette dîme était prélevée tous les ans, à l’exception de la quatrième et de la sixième d’un cycle de sept ans, où lui était substituée la dîme des pauvres (Maasser ‘Ani). Voir Yad, Matanoth ‘Aniyim 6, Ma’asser Chéni 1,1.

10. S.R. Hirsch sur Deutéronome 14,23.

11. Deutéronome 14,23, Ibn Ezra, Rachbam, Sforno ad loc., Tossafoth, Baba Batra 21a s.v. Ki. Voir ‘Hinoukh 360, Metzoudoth David 256.

12. ‘Hinoukh 360.

13. Deutéronome 26,2. Voir Bikourim 3,1 à 4.

14. Ramban sur Lévitique 1,9. Voir Tan’houma, Vayikra 8.

15. ‘Hinoukh 95.

Titre: « JERUSALEM, OEIL DE L’UNIVERS »

Auteur: Arieh KAPLAN

Editeur: EMOUNAH – NCSY/ORTHODOX UNION

Adaptation française : Jacques KOHN.

Le livre est en vente dans les librairies juives.

5. ARCHEOLOGIE

V

Archéologie

Section 1.

La Torah contient de vastes quantités de données historiques. Sur cette base, il est également possible de poser la question de la vérité de la Torah. Des doutes ayant été soulevés quant à la validité de la Bible en tant que source de l’histoire antique, nous nous devons d’en parler quelque peu.

La Bible parle de la vie des Patriarches, de guerres, de migrations, de famines, de mariages, et de toutes sortes d’événements de l’histoire antique. Quelle est la fiabilité de ces récits ? Une méthode populaire pour examiner la fiabilité de la Bible peut être décrite de la façon suivante : la Bible étant ce qui est en question, nous ne pouvons pas assumer qu’elle dise vrai; par conséquent, quand nous trouvons des récits anciens, comme par exemple des hiéroglyphes antiques, des documents Syriens ou Babyloniens, nous sommes à même de les confronter avec la Bible. Si cette dernière donne les mêmes renseignements, c’est une indication et une preuve que la Bible est correcte; dans le cas contraire, nous constatons que la Bible est erronée. Cette méthode d’établir l’exactitude de la Bible en tant que récit historique est objective et neutre.

Trouvez-vous cela juste ? J’espère que non, parce que ça ne l’est pas. Le simple fait que la Bible contredise d’autres récits anciens ne signifie pas encore que la Bible a tort; peut-être sont-ce les autres sources qui sont erronées ! Une simple contradiction prouve uniquement que quelqu’un a tort; pourquoi assumer que c’est la Bible ? Ce serait avoir un biais contre elle. Lorsqu’il y a une contradiction entre la Bible et d’autres sources anciennes, la question est : comment pouvons-nous comprendre au mieux la nature du conflit, et à quelles sources pouvons-nous nous fier ?

Lors de cette évaluation, il vous faut connaître un fait à propos duquel tous les historiens et les archéologues s’entendent : tous les récits anciens ont été écrits en tant qu’œuvre de propagande. Leur fonction était de glorifier les pouvoirs de l’époque, ce qui fait qu’ils ne mentionnaient jamais leurs propres défaites. Après tout, les scribes étaient des employés. Par exemple, vous constatez ce phénomène dans le type d’événements historiques suivants : des hiéroglyphes indiquent que le Pharaon X a rassemblé une large armée et conquis un certain nombre de provinces, et que son fils le Pharaon X Junior a mobilisé une armée encore plus grande et conquis encore plus de provinces. Puis il y a un trou de cent ans dans l’histoire. Que s’est-il passé pendant ces 100 années ? Pour le savoir vous devez aller consulter les archives babyloniennes. C’était l’époque où les Babyloniens battaient les Egyptiens à plate couture. Les Egyptiens ne le mentionnent pas parce que ce n’est pas très flatteur pour leur empire; ils restent purement et simplement muets sur le sujet.

Une bonne illustration de ce principe est la question de l’Exode : pourquoi aucune archive égyptienne antique ne mentionne-t-elle l’Exode ? La réponse est que les Egyptiens n’enregistraient jamais leurs défaites. Donc, comme l’Exode était une défaite majeure, on ne peut pas s’attendre à le voir mentionné nulle part. Son absence de leurs archives n’est ainsi pas un argument contre l’Exode.{mospagebreak}

Section 2.

Dans un débat portant sur l’établissement de l’histoire antique, la question-clé est celle de l’archéologie. C’est l’archéologie qui est supposée découvrir les preuves matérielles que certains événements se sont passés ou non. Je vais donc brièvement passer en revue la situation archéologique pour ce qu’il en est de la narration biblique. La plus grande partie provient d’un livre intitulé Biblical Personalities in Archeology (L’archéologie et les personnages bibliques, N.D.T.), par Léah Bronner.

Il y un siècle, on partait de l’idée que l’histoire biblique était correcte pour l’époque postérieure aux Rois David et Salomon, à peu près. Bertrand Russell écrit dans son livre History of Western Civilization (L’Histoire de la Civilisation Occidentale, N.D.T.) que nous pouvons présumer que David et Salomon ont bel et bien existé. Avant David et Salomon, en l’absence de preuves d’aucune sorte, la vue dominante considérait que les récits bibliques étaient tout simplement des mythes, des histoires inventées pour glorifier des ancêtres légendaires, c’est-à-dire inexistants, de manière à créer une Histoire grandiose pour le peuple. Bien des nations firent cela, tels les Grecs, et on pensait qu’il en allait de même pour les Juifs.

Pour déterminer si l’on est en présence d’un mythe, il y a un signe qui ne trompe pas : la personne qui écrit un récit censé s’être passé longtemps auparavant projette dans le passé ses propres conditions d’existence. Ne sachant pas que 500 ou 1000 ans auparavant la vie était très différente, elle assume que les conditions étaient plus ou moins identiques aux siennes et extrapole sur la base de sa propre expérience. Par la suite, quand l’archéologie découvre que les conditions n’étaient pas celles décrites dans le récit, nous comprenons que nous sommes en présence d’un mythe. Par exemple, on aura pu attribuer aux ancêtres des armes qu’ils n’avaient pas encore inventées, des animaux qu’ils n’avaient pas encore su domestiquer, des itinéraires commerciaux qu’ils n’avaient pas encore tracés, des colonies qu’ils n’avaient pas encore fondées, etc. Ceci est la manière de déterminer qu’un texte est un mythe, et l’assomption quant à la réalité historique du récit biblique avant David et Salomon était qu’il s’agissait simplement de légendes.

Mais, dans le cas de la Bible, l’archéologie a révélé exactement le contraire : une myriade de détails que la Bible fournit à propos de la qualité et des conditions de vie des Patriarches apparaissent être exactes au dernier degré. La précision de ces détails est totalement inexplicable si vous considérez qu’il s’agit d’un processus normal de formation d’un mythe.

C’est ainsi que par exemple toutes les migrations d’Abraham se firent toujours dans le Sud d’Israël, jamais dans le Nord. Or, à l’époque où Abraham a vécu selon la Bible, la partie septentrionale d’Israël n’était pas habitée. Plus tard, au moment où le mythe est censé avoir été écrit, elle l’était. Si donc quelqu’un avait écrit le mythe après coup et avait projeté ses propres conditions d’existence dans le passé, il n’y aurait eu aucune raison pour lui de discriminer contre le Nord d’Israël.

Un autre exemple : les noms d’Abraham, Isaac, Jacob, Laban et Joseph, qui étaient tous communément utilisés au temps des Patriarches, tombèrent en désuétude par la suite. Ils apparaissent sur des inscriptions archéologiques de la période correspondante, mais jamais ultérieurement. Dans la Bible, ces noms ne sont utilisés que dans le Livre de la Genèse. Or, quelqu’un est censé avoir écrit une légende 500 ans après; comment a-t-il réussi à trouver précisément les noms corrects pour l’époque en question ?

En ce temps-là, la coutume voulait que si un couple était sans aucune progéniture, le mari prenait une servante de sa femme comme concubine et en avait un enfant. Si la première femme donnait par la suite également le jour à un enfant, celui de la servante bénéficiait d’une protection légale et ne pouvait être déshérité. Cette protection fut abandonnée dans les siècles postérieurs. Dans la Bible, nous voyons effectivement Abraham et Sarah suivre cette procédure. La loi de l’époque interdisant l’expulsion du fils de la servante, nous comprenons bien pourquoi, lorsque Sarah dit à Abraham de jeter Ishmaël hors de la maison, la Torah dit que ce fut "très mauvais aux yeux d’Abraham" : c’était mauvais parce qu’allant à l’encontre de la loi prévalant à cette endroit. L’expulsion n’était pas prohibée au cours des siècles ultérieurs, seulement dans ce siècle-là : si le texte avait été rédigé 500 ans plus tard par projection dans le passé, il serait impossible d’expliquer comment ce détail véridique a pu être inséré.

Un argument utilisé par les tenants du caractère mythologique du récit biblique est celui de la domestication des chameaux. Les Patriarches sont dépeints comme utilisant des chameaux comme animaux de transport; on pensait qu’il s’agissait là d’un anachronisme : les chameaux ne furent domestiqués que plus tard, mais les générations ultérieures, ne sachant pas que leurs ancêtres n’avaient pas de chameaux, leur en attribuaient, tout comme eux en avaient. Leurs glorieux ancêtres ne pouvaient en aucun cas leur être inférieurs.

Mais il apparaît que l’ignorance est finalement à trouver du côté de l’archéologie. Les tablettes de Canophori, en Syrie du Nord, qui datent du 18ème siècle avant l’ère chrétienne, établissent une liste des animaux domestiques, et le chameau y est expressément mentionné. Une autre découverte archéologique montre un chameau en position agenouillée. Un sceau daté de cette époque a pour illustration un cavalier assis sur un chameau. En fin de compte, le récit biblique, loin d’être une projection anachronique d’une réalité ultérieure, se trouve confirmé.

De nombreux exemples traitent de Joseph. Prenez par exemple le prix d’un esclave : Joseph est présenté par le texte comme ayant été vendu pour vingt pièces d’argent. Or, il est démontré que c’était le prix exact d’un esclave au temps de Joseph, et à nulle autre époque. Les esclaves étaient meilleur marché auparavant, et de plus en plus chers par la suite. Imaginez quelqu’un écrivant ce détail 500 ans après; comment aurait-il pu connaître le prix des esclaves un demi-millénaire auparavant ? Il ne l’a certainement pas trouvé par accident.

De même quant à dormir sur des lits en Egypte : en Palestine, ils dormaient à l’époque sur le sol, tandis qu’en Egypte ils dormaient sur des lits, et c’est pourquoi la Torah mentionne précisément que lorsque Jacob était en Egypte, il mourut sur un lit.

L’investiture de Joseph comme vice-roi d’Egypte suivit la procédure en vigueur à l’époque : il se tint devant Pharaon et eut la tête rasée parce que telle était la coutume des Pharaons de l’époque. Il avait un collier autour de son cou et un anneau à son doigt. Nous connaissons des hiéroglyphes qui décrivent très précisément cette procédure, tout comme la parade dans un char inférieur seulement à celui du roi. Tous ces détails sont vrais.

Les détails, au moins, sont corroborés par l’archéologie. L’assomption normale que le récit a été écrit postérieurement aux faits décrits et projeté dans le passé est ainsi purement et simplement infondée.{mospagebreak}

Section 3.

Je ne veux pas cacher le fait que certaines questions se posent encore : elles doivent être examinées avec attention pour déterminer leur nature. L’Exode, par exemple, est un cas d’école. Si l’Exode vraiment a eu lieu, quelles sortes de traces archéologiques s’attend-on à découvrir ? Nous parlons d’un grand nombre de gens quittant l’Egypte. On s’attend à trouver des ustensiles, des vêtements, des récipients, des armes, tout cela éparpillé un peu partout dans le désert. Et pourquoi pas des os ? Les gens meurent, surtout s’ils restent dans le désert pendant 40 ans. Il est pourtant avéré que l’on ne trouve rien du tout. Jusqu’à présent, aucune preuve archéologique de l’Exode n’a été trouvée.

Est-ce que ceci milite contre le récit de la Torah ? En fait, tout dépend de ce qui est examiné. Etes-vous en train de tester le récit biblique ? Si c’est le cas, il vous faut le faire dans ses propres termes; vous devez l’accepter en entier. Si vous prenez un élément du récit biblique, que vous y greffez des hypothèses non-bibliques et testez le conglomérat, rien de bon n’en ressortira, car personne ne croit en la véridicité ce conglomérat.

Dans le cas de l’Exode, la Torah dit explicitement que les vêtements ne s’usèrent pas durant la période de 40 ans (Deut. 8:4). Donc, si vous fouillez le désert pour y trouver des vêtements éparpillés, vous ne cherchez pas à examiner l’exactitude de la Bible. Elle dit elle-même que vous n’y trouverez rien, que les vêtements n’y sont pas ! En recherchant des habits, vous testez une hypothèse composite, c’est-à-dire qu’il y ait eu un Exode comme dans la Bible, mais en y ajoutant une notion naturaliste que la Bible dénie (N.D.T. : le naturalisme est une doctrine philosophique qui affirme que la nature n’a pas d’autre cause qu’elle-même et que rien n’existe en-dehors d’elle – le Petit Larousse Illustré). Personne ne croit à la vérité de ce mélange ! Si vous voulez tester l’histoire biblique, il vous faut la prendre dans son entier, avec tous ses détails.

De même avec les ossements : la Bible ne donne aucun détail sur la manière dont les gens mouraient, mais la tradition juive (le Midrash) rapporte que chaque année, le 9 Av, les Hébreux creusaient une immense tombe collective dans laquelle tout le monde se couchait; le lendemain, les survivants se relevaient, et ceux qui étaient morts étaient enterrés à cet endroit, lequel devenait leur tombe. Ils ne décédaient donc pas de manière régulière, avec des tombes égrenées sur toute l’étendue du désert.

De plus, le désert du Sinaï est une zone d’une étendue considérable, et le sable se déplace avec le temps. , surtout sur 3000 ans. Où exactement creuseriez-vous ? A quelle profondeur ? A combien d’excavations devrez-vous procéder avant d’avoir une chance de trouver quoi que ce soit ? On ne peut même pas compter sur 39 sites mortuaires, parce qu’il y a des endroits où ils séjournèrent plusieurs années; il y a peut-être 20 sites mortuaires sur toute l’étendue du désert du Sinaï. A combien d’excavations devriez-vous procéder pour obtenir une probabilité raisonnable de trouver l’un de ces 20 sites, chacun ayant à peu près la taille de 3 pâtés de maisons ? Le fait qu’ils n’aient pas encore trouvé les traces recherchées n’a ainsi aucune force probante; ce n’est en tout cas pas un argument contre l’Exode.{mospagebreak}

Section 4.

C’est l’archéologue Kathleen Kenyan qui a conduit les fouilles de Jéricho; elle prétend que la meilleure date que nous puissions donner de l’entrée du peuple Juif en Terre d’Israël est l’an 1400 avant l’ère commune. Constatant un écart de 150 ans entre la destruction de Jéricho et l’entrée du peuple juif dans le pays, elle en conclut qu’on ne peut pas attribuer aux Juifs la destruction de Jéricho. Ils l’auraient simplement imputée à leurs ancêtres, de sorte à les glorifier.

Comment cette archéologue en est-elle arrivée à la conclusion que la ville de Jéricho ne saurait avoir été détruite postérieurement à 1550 avant l’ère commune ? [Pour plus de détails sur ce qui va suivre, voyez la Biblical Archeological Review (Revue d’archéologie biblique, N.D.T.), Mars / Avril 1990, pp. 44-56.] Son argumentation est fondée sur l’absence de toute poterie cypriote importée; un certain type de poterie était importé de Chypre dans cette région pendant toute la période s’étendant entre 1550 et 1400 avant l’ère commune, et elle n’en trouva aucun exemplaire à Jéricho; elle en déduit que Jéricho doit avoir été détruite avant 1550 avant l’ère commune.

Mais cette conclusion est contestable, et peut en fait être attaquée sous 4 angles différents :

(1) Quant à la méthode : les conclusions basées sur une absence sont toujours particulièrement faibles (cf. ci-dessous).

(2) Elle remarque elle-même que Jéricho n’était située sur aucun des itinéraires commerciaux majeurs – est-ce dans un endroit isolé que vous espérez découvrir de la poterie importée ?

(3) Deux sondes ont été enfoncées dans ce qu’elle décrit comme étant le quartier le plus pauvre de la cité. Est-ce là que vous vous attendez à trouver de la poterie importée ?

(4) Elle a totalement ignoré le fait que de la poterie trouvée lors de précédentes excavations a été datée d’époques postérieures à 1550 avant l’ère commune.

N’oubliez pas que le gouvernement britannique l’a pourtant adoubée chevalier pour ses contributions en matière d’archéologie ! Ce n’est pas ici la place de se livrer à des spéculations sur ce qui peut conduire à tenir ce type d’argumentation branlante, mais nous n’avons certainement pas à renoncer nous sentir menacés dans nos vues par des critiques de ce genre !

En réalité, l’archéologie biblique beaucoup évolué au cours de ces 100 dernières années; elle était très critique au départ ("aucun élément de la narration biblique ne s’est vraiment passé, tout n’est que pure invention") puis, petit à petit, morceau par morceau, cet état d’esprit a été contredit par une myriade de détails. Non pas qu’ils aient totalement renoncé à toutes leurs vues originelles : ils tiennent toujours bon sur quelques points, dont ils pensent que la vérité n’a pas été suffisamment établie. Mais nous pouvons à tout le moins déduire deux conclusions : premièrement, la tendance générale est à la vérification progressive; l’archéologie corrobore de plus en plus le récit historique de la Torah. Deuxièmement, nous avons maintenant un aperçu quant à leur vision des choses : ils commencent en étant complètement négatifs et, petit bout par petit bout, admettent à contrecœur que certaines parties ont été vérifiées. En d’autres termes, ils imposent un standard de preuve déraisonnable pour la Bible.

L’archéologie peut parfois établir un fait positif : s’il est avéré qu’une ville a été brûlée, pillée ou détruite, on peut en déduire que cet événement arrivé suite à une action militaire. Il est par contre très difficile pour l’archéologie d’établir un fait négatif, c’est-à-dire que quelque chose n’est jamais survenu. Pour cela, il faut subodorer que si l’événement s’était passé, il en resterait des traces dans tel ou tel endroit; mais cette évaluation se révèle très complexe : comment savez-vous qu’il vous faut chercher dans un endroit donné et pas ailleurs ? Peut-être n’est-ce pas là la place que vous croyez : certaines cités ont été identifiées à 3 ou 4 endroits différents ! Souvenez-vous : les archéologues pensaient que les chameaux n’avaient pas été domestiqués à l’époque des Patriarches tout simplement parce qu’il se trouvait qu’ils n’avaient pas encore découvert tel sceau cylindrique ou tel hiéroglyphe spécifique; une fois qu’ils les eurent trouvés, ils comprirent que les chameaux avaient bel et bien été domestiqués.

Aussi, attention à l’archéologie lorsqu’elle prétend avoir prouvé l’absence de quelque chose; établir qu’une guerre n’a pas eu lieu, qu’une habitation n’a jamais existé ou qu’untel n’a pas été roi est très malaisé. Lorsqu’elle pense avoir prouvé l’existence d’un fait positif, l’archéologie est plus crédible. Bien sûr, même dans ce cas ses découvertes sont sujettes à interprétation et ne sont pas complètement fiables. Quoi qu’il en soit, je pense que nous sommes aujourd’hui à même de dire que l’archéologie ne présente pas autant de problèmes qu’autrefois. Elle est encore en évolution : de nouvelles découvertes sont encore en train d’être faites, des conclusions tirées, et il reste encore beaucoup à apprendre. Les nouvelles découvertes archéologiques prouvent progressivement, mais pour l’instant seulement partiellement, que la présentation de l’Histoire faite par la Torah est corroborée dans la réalité.

Je vais terminer ce chapitre par une idée due à William Albright, idée que je trouve fascinante pour l’éclairage général qu’elle jette sur l’histoire antique. Albright a trouvé une preuve que les Juifs ont influencé les Grecs. En effet, les noms des lettres hébraïques sont des mots hébreux : Alef, Bet, Guimel, Dalet, etc, ont tous un sens en hébreu; les noms des lettres grecques ont de toute évidence un lien avec leurs homologues hébraïques : Alpha, Bêta, Gamma, Delta, etc. Mais ces sons ne veulent rien dire en grec. Comment les Grecs ont-ils choisi ces noms pour leurs lettres ? Albright dit, et ceci a été par la communauté archéologique en général, qu’ils les ont pris aux Juifs. Il est concevable que cela se soit fait par voie indirecte, via les Philistins qui les auraient prises aux Juifs pour les donner aux Grecs, mais l’alphabet viendrait en dernière analyse des Juifs.

Or, si les noms même des lettres de l’alphabet grec leur vient de nous, pourquoi n’en irait-il pas de même d’autres éléments culturels ? Il est établi qu’il y a eu influence et qu’ils nous ont repris quelque chose; or, le nom des lettres de l’alphabet est absolument fondamental. Qui sait ce qu’ils ont pu reprendre d’autre ? Au lieu de réfléchir à la question de savoir comment les Grecs ont influencé les Juifs, un nouveau champ de recherche s’ouvre à nous : celui des influences juives sur les Grecs !